JLO Emploi : bilan de compétences

Quand les recruteurs(euses) parlent du sexe des candidats(es)

L’étude Evade, portée par le Céreq dans le cadre des projets du Fonds d’expérimentation pour la Jeunesse (FEJ), s’est penchée sur les processus de recrutement et de recherche d’emploi.

L’étude Evade, portée par le Céreq dans le cadre des projets du Fonds d’expérimentation pour la Jeunesse (FEJ), s’est penchée sur les processus de recrutement et de recherche d’emploi. Son objectif principal était de comprendre dans quelle mesure les problèmes d’accès à l’emploi relèvent de discriminations ou d’autres facteurs. Cette étude, nommée EVADE (Entrée dans la Vie Active et Discriminations à l’Embauche) sera présentée en amont de la première semaine de l’égalité professionnelle qui se tiendra du 14 au 20 octobre prochain.

Voici les principaux points évoqués dans la synthèse de cette étude du Céreq (lire l’intégralité de la synthèse) :

Des recruteurs qui discriminent malgré eux ?

[…] Les recruteurs ont alors tendance à justifier leurs choix par des arguments qui leur paraissent totalement légitimes bien qu’ils soient, en réalité, fondés sur des stéréotypes. Ceux-ci – négatifs ou positifs – peuvent stigmatiser « la » jeunesse (« peu investie dans la sphère professionnelle »), les jeunes des quartiers défavorisés (« qui veulent s’en sortir à tout prix »), les « handicapés » (forcément « en fauteuil roulant »), les séniors (expérimentés mais « peu enclins à changer leur façon de travailler »)… Mais on note aussi, et surtout, la prégnance de stéréotypes sexués. […]

Le sexe comme synthèse de « qualités » intrinsèques

[…] Pour la grande majorité des recruteurs interrogés, cette dimension est souvent décrite dans un premier temps de l’entretien comme un critère secondaire qui arrive loin derrière les compétences requises, l’expérience professionnelle, etc. Elle apparaît toutefois assez rapidement comme une composante intégrale de la personnalité des candidats. Même si tous les recruteurs ne sont pas aussi péremptoires que cette directrice RH qui nous explique que, « quoiqu’on en dise, il y a des métiers pour les hommes et d’autres pour les femmes… c’est comme ça, c’est tout ! », […]

Le choix du sexe comme stratégie d’entreprise

Les qualités supposées des femmes sont également parfois avancées pour pouvoir répondre davantage aux attentes des clients de l’entreprise… : « Par ailleurs, dans ce métier, les clients font davantage confiance aux femmes, donc être une femme à ces postes, là, c’est un atout ! » (une responsable RH, grande entreprise)[…]

Le sexe comme révélateur de contraintes familiales

[…] une autre dimension entrave clairement l’accès des (jeunes) femmes à certaines entreprises : celle de la charge familiale, réelle ou potentielle. Le critère de la disponibilité horaire, souvent considéré comme très important, est alors mis en avant pour justifier de l’appréhension à recruter une femme pour le poste. […] »

Pour aller plus loin

 

Publié le 14 octobre 2013